
Difficile de penser pole dance sans tout de suite y associer l’univers du strip. Symbole d’une certaine féminité, produit de son histoire et de ses codes, mais également objet de fantasmes et de stigmates enfermants, la pole dance revendique dans le même mouvement la légitimité d’une sexualisation choisie et empouvoirante et son émancipation d’une sexualisation subie et réductrice. Ici, l’univers de la pole dance et du striptease rencontrent celui de la danse contemporaine, et ainsi, interrogent et réinventent leurs contours.
Le striptease repose sur une organisation, un équilibre bien précis entre différents paramètres. Ce sont ces différentes composantes constitutives du striptease que j’ai voulu interroger. L’idée est d’attirer l’attention sur ce qui se joue, entre les lignes, dans l’action de se déshabiller, et ainsi d’aborder des dynamiques qui précèdent et dépassent largement le striptease en tant que tel. Je pourrais m’amuser à dire que dans ma pièce, je cherche à mettre à nu le striptease lui-même.
Je prends pour point de départ le striptease tel qu’on le connait afin de le distordre, et de le regarder sous un angle inhabituel, dans son avant, son après, son envers, et son débordement, révélant ainsi son pendant dystopique, grotesque, mais aussi potentiellement subversif et poétique. Tout ça, largement irrigué, inspiré, et documenté par mon expérience en tant que femme, tds, et performeuse.
Mon exploration prend la forme d’un recueil de performances que j’imagine en plusieurs chapitres, comme sous la forme d’un essai dont chaque partie traiterait d’un point différent. Je partage ensuite mes premières pistes.



