En duo avec Virgile Pellerin, chanteureuse lyrique spécialisé en musique ancienne et contemporaine.
Cette performance se veut avant tout espace de rencontre formelle entre nos deux pratiques : la pole dance et le chant. Elle explore l’expérimentation joyeuse et méthodique de leurs différentes interactions. “Tu me donnes ta voix et je te donne mon corps” : l’idée est créer, à nos deux corps, à nos deux voix, une sur-personne, ni femme, ni homme, et qui puisse chanter et danser à la fois, tout un interrogeant cette obsession pour la virtuosité et le dépassement de soi.
Le projet de greffe initialement formulé, se heurte à un échec : faute de pouvoir s’unir, pole dance et opéra s’affrontent dans un concours délibérement absurde pour déterminer, enfin, qui de la pole dance ou de l’opéra est le meilleur art.
En faisant dialoguer l’opéra et la pole dance, 312 cm de son cherche à faire entrer en collision deux symboles.
Car l’opéra et la pole dance, c’est un peu comme la belle et le clochard.
On a d’un côté le genre de la culture légitime par excellence, un genre d’Etat à disposition d’une élite, un genre centenaire en recherche de régénération que nombreux estiment mort aujourd’hui.
De l’autre côté, on a une pratique récente, sulfureuse et populaire, associée dans son histoire au travail du sexe, tiraillée aujourd’hui entre ses appropriations mainstream et ses revendications féministes / queer.
La collision entre le chant lyrique et la pole dance permet à Lyou et à Virgile d’adresser les codes et les postures qui les dérangent dans leur pratique respective, et, notamment, les questions de classe et de genre qu’elles charrient toutes les deux et qui les situent.
Progressivement, 312 cm de son fait exister la pole et l’opéra au delà des images qui les enferment.
Car si tout le monde connaît l’opéra et la pole dance, ou disons, s’en fait une représentation précise bien que stéréotypée, peu ont en réalité déjà rencontré ces formes d’art.
312 cm de son cherche donc à les montrer au delà du symbole et du fantasme, dans leur pratique réaliste, dans leurs nuances et leurs contradictions.



